Fiche bibliographique

Carco Francis - "De Montmartre au quartier Latin "
La revue de Paris -A33-T5-

-Paris
setp-oct 1926 p.62,65,68,367,370
Contenu sur Girieud
(....) La misère faisait rage. Nous la supportions allègrement sans inquiétude du lendemain ni souci d'aucune sorte puisque chacun de nous, poussé par son destin, répondait à l'appel. Il y avait Asselin, Girieud, (...) nous ne pensions qu'à vivre, les plus pauvres logeant chez les autres et payant leur écho en chansons. (....) (...) Les indigène de ce beau pays n'étaient pas plus idiots que le garde-champêtre. Ils laissaient faire les parisiens pour mieux les dépouiller, se gausser d'eux ensuite et avoir pour l'hiver des contes à la veillée. Nous habitions quelques une à l'hôtel, où j'ignore qui payait. Il y avait Gazanion, Girieud, Coccinelle à la jolie voix, Sauvayre. Les autres avaient loué des maisons au-delà de l'église (....) j'ai fréquenté Guillaume Apollinaire dans les cafés de la rive gauche où sa cour l'entourait. Entre ces deux pays si dissemblables, la Butte et le Quartier, déjà, bien avant cette date, la lutte était ouverte. (...)Derain, Salmon, Apollinaire, Picasso, Modigliani ne venaient plus que très rarement au Lapin. (....) Cependant, place du Tertre à la terrasse de Bouscara, Chas Laborde, Daragnès, Asselin, Girieud, Deslignères, Warnod, Dorgelès formaient une joyeuse assemblée. Nous dînions à la même table, puis, l'antre de Frédé nous attirant, nous allions rejoindre Mac Orlan et l'équipage au grand complet. La nuit se passait ainsi. (....) Warnod, pris par Comœdia, Chas Laborde, qui courait Paris à la recherche du monde spécial dont il s'est fait l'illustrateur, désertèrent le Lapin. C'était la fin. (...) Seuls, Daragnès, Asselin, Girieud, Deslignères, Depaquit, Delaw, Falké et quelques autres, s'entêtant à rester fidèles à de vieilles habitudes, menaient la même vie et s'en trouvaient fort bien. (....)