| Il y a quelques années, M. Pierre Girieud décrivait avec une amoureuse ferveur quelques aspects de l'immortelle Grèce vivante au cœur des artistes.
Voyageur impénitent, frais débarqué d'Espagne, il expose aujourd'hui à la Galerie Druet quelques paysages de ce pays d'austère et grave beauté.
C'est Grenade et ses tours vermeilles s'élevant au-dessus d'une ceinture de feuillages, c'est Ségovie et sa cathédrale où les clochetons au chevet seromt une foule démoniaque escaladant les dômes, c'est Avila dressant soin enceinte sur les rocs sauvages et âpres, c'est la Sierra de Guadamara dressant sur l'horizon ses cimes rudes et dénudées. Ici et là, Girieud, sans fièvre, dans un langage précis qu'il doit à sa province natale, trace des images de beauté évocatrice.
Car l'art de ce Provençal ne se perd pas dans les brumes. Sa passion ardente veut broder sur une trame certaine. L'architecture reste son guide et prête à toutes choses une solide armature.
Dans cet ensemble évocateur d'une terre aux élans chevaleresques, deux somptueux bouquets apportent la gaieté de leurs couleurs, deux savoureux petits nus, de construction classique et sobre, quelques vigoureux portraits rappellent les divers aspects des recherches de M. Pierre Girieud qui, au centre de son exposition, a mis deux paysages aux profondeurs bleutées consacrés à Moustiers-Sainte-Marie, ce village qu'il a maintes fois célébré et vers Lequel il revient comme à un havre protecteur pour comfronter ses impressions et assurer ses amis de ia continuité d'un idéal dont la noblesse ne se dément point |