| Un artiste gagne-t-il à voyager? S'il enrichit sa mémoire, s'il classe de beaux souvenirs, son art y trouvera-t-il profit?
Pierre Girieud nous répond par une quarantaine de tableaux qu'il rapporte de Grèce. C'est un joli carnet de route. Il a mis à le peindre cette mesure que nous lui connaissons. Sachons lui gré de n'avoir pas forcé la note et d'avoir respecté cette lumière de la Grèce dont l'éclat n'est point irritant comme en certain pays méditerranéens.
Cette Grèce démolie que Girieud nous montre, l'atmosphère était-elle différente au temps de sa splendeur? Mais pourquoi un artiste nous donne-t-il toujours d'un pays, d'un pays jadis célèbre par son architecture, uniquement l'image de ses ruines. La Grèce actuelle n'aura-t-elle jamais de quoi tenter un peintre qui pense à des poètes modernes qui sauraient sortir de la mythologie et partant l'Olympe, ses dieux et ses déesses, les trois grâces ou le retour d'Eurydice sans se douter que les Grecques contemporaines bien plus expressives que les mortes des fables ont tout de même hérité d'une nature plus sensible. |