| Dire des Fauves? Comment eussent écrit certains poètes de 1890, c'est les montrer en bloc, tels qu'ils se présentaient chaque année au Salon des Indépendants, leur refuge, leur repaire (....)
Girieud! peintres et amateurs venus à l'art depuis la guerre peuvent-ils se présenter un Girieud en posture de briguer une couronne de prince des Fauves? Déjà tout plein d'italianisme, il sacrifiait, comme à tour de bras, à la Couleur pure, soumettant des exemples du vieux Grunewald aux procédés, alors tenus pour sauvages, dont se réjouissaient aussi, selon Matisse, Derain, Vlaminck et même Georges Braque culbutant des camions de minium sur ses plages normandes, à la veille de bouleverser l'économie des jeunes ateliers en livrant tous les beaux secrets du peintre en bâtiment qu'il se souvenait, bénéfiquement, d'avoir été la veille. Girieud! Quelle débauche de verts, de rouges et de jaunes en ses toiles composées que semblaient toujours traverser des tarasques!
Joachim Gasquet n'avait pas encore passé par là. Joachim Gasquet qui, gardant pour soi tout seul, en secret, l'amour du grand Cézanne qu'il avait confessé, allait recruter, avec le concours néo-classique de M. Xavier de Magallon, pour son Ecole Méditerranéenne, selon quelques maurassisme pictural, qui nous valut l'éphémère Salon de Mai, à Marseille, la décoration d'un château et d'une chapelle, des Alpilles aux Saintes-Maries-de-la-mer, diverses manifestations esthético-électorales - Politique d'abord! _ et à quoi demeure fidèle, avec Girieud de soi-même méconnu, Alfred Lombard, qui, dandy aux vues ambitieuses, promettait d'être comme un Marsay de la grande composition. (....) |