| (...) Girieud fut l'un des premiers, sinon le premier des artistes modernes à vouloir regagner le classicisme. Qu'on se souvienne de ses compositions d'avant-guerre où déjà était abolie toute licence. Il répudiait la saveur de l'instant et refusait de se satisfaire de l'esquisse. Une toile pour lui devait répondre à une ordonnance prévue, elle devenait un monde clos, achevé en lui-même, et dont l'arabesque décorative dirigeait le gouvernement. Girieud retrouvait la valeur du sujet. Ses tableaux exprimaient leur titre. Les mouvements de ses modèles étaient expressifs de leur situation ou de leurs actes. C'était par là, et de la meilleure façon, un retour au symbolisme classique, tel que l'a pratiqué, en pleine sève vivante, la Renaissance. Toute chose courante aujourd'hui, mais que l'on veuille bien se reporter en 1913.
Girieud donc s'était proposé un beau programme. Il le remplit en tous points moins un. C'était le faire qui n'atteignait point au style du sentiment.
Tel que nous voyons Girieud aujourd'hui avec une abondance et belle réunion de paysages, ce dernier obstacle paraît aussi levé. - [A la Galerie Druet]
Reproduction d'un paysage |