| Pierre Girieud qui put paraître désordonné parce qu'il se débarrassait des liens paralysant sa volonté, atteint aujourd'hui une sorte de candeur magicienne. Il est déjà grand, parce que, libre, il crée magnifiquement avec amour et simplicité,
Les baigneuses, de Girieud, justifieront notre dire. Chaque geste des deux femmes couchées au premier plan équilibre le geste de l'autre, les quatre baigneuses nue du second plan semblent naître du geste des premières et tout le sentiment de ce tableau se confond en l'attitude d'une femme croisant ses bras sur ses seins.
Le don de la couleur est évident chez Pierre Girieud, procédant de telle sorte qu'il réduit à deux ou trois tons essentiels, en les imposant, la gamme la plus nourrie. Il est alchimiste de la couleur comme Rimbaud le fut du verbe. Son art est très proche de celui du poète des Illuminations. |