| ... Deux paysages de Girieud nous rappelle l'importance de ce peintre, non seulement par la valeur réelle de son oeuvre, mais encore par l'influence qu'il eut auprès des plus notables artistes de notre temps.
Pierre Girieud qui est originaire des Hautes Alpes, fut amené, adolescent, dans la région marseillaise. Il en connaissait les hivers intrépides et rigoureux, les étés radieux. Ses amis, peintres parisiens, songeaient bien à faire un séjour sur la Côte, mais elle leur semblait réservée aux délicats hivernants, aux précieux tuberculeux de Menton et d'Hyères, et surtout à l'époque des vacances, à l'époque où l'on expose pas, mais où l'on travaille de l'aube précoce à la nuit tardive. Le Midi leur apparaissait comme un lieu torride qui ferait couler les tubes et craqueler les couleurs.
C'est grâce aux arguments timides mais convaincant de Girieud puis d'Alfred Lombard, que descendirent à Paris, un à un, les artistes indépendants jusqu'alors fidèles aux nymphes de la Seine. Vers 1905, le havrais Othon Friesz amenait sa palette et posait ses chassis au bord de la Méditerranée; Matisse y peignait sa grande toile : Calme, Luxe et Volupté; Braque, Raoul Dufy, Derain, Vlaminck, estimèrent que même après Cézanne il restait quelque chose à dire sur les motifs favoris du Maître d'Aix...... |